HISTORIQUE DU POTIROTHON DE GENTILLY

1- NAISSANCE ET PREMIERS PAS

Comme bien des événements historiques, le Potirothon a pris naissance par le biais d'une vantardise. En effet, notre doyen Gilbert Provencher voulut un jour rabattre le "tacket" à un certain C.-H. Cormier qui se vantait de posséder une citrouille de 80 livres. Notre ami Gilbert a été "coaché" cette année là par son fils Renald qui avait fait venir des graines de citrouilles géantes de Montréal et le reste de ces graines avait été distribué à quelques amis.

Gilbert remporta la palme avec une citrouille géante de 114 livres et devint donc le premier récipiendaire du Potiron d'Or même s'il n'existait pas encore. Ceci se passait en 1991.

En 1992, déjà on reconnaît une activité structurée. Claude "Barto" Provencher est l'organisateur et il installe déjà les bases d'un fonctionnement qui perdure encore aujourd'hui. Les participants s'inscrivent au printemps par le biais d'un formulaire appelé "Coupon-Réponse" et une liste officielle des inscriptions est remise à chaque participant pour encourager le "zieutage". Il en coûte un gros 5,00 $. Le Potirothon n'existe pas encore. L'activité s'appelle "Concours grosse citrouille 92" et regroupe 12 participants.

Nous voici à la pesée le 3 octobre 1992 chez Barto qui, pour l'occasion, a pris le titre de "Maître de cérémonie" et il tient à ce que tout se déroule à la vitesse "fast-forward" car selon l'horaire de la journée, l'arrivée a lieu à 15h00 et à 16h35 c'est le party. À l'intérieur de ces 95 minutes, il a prévu trois conférenciers, un test de dépistage de stéroïdes, la pesée (12 participants), la remise du prix au gagnant, la présentation de la mascotte officielle et finalement la nomination du président pour l'édition 1993. Ça c'est rapide.

Gilbert Provencher est le peseur officiel et René "Théo" Héon sort vainqueur avec 120 livres. Dany Hould présente pour la première fois le Potiron d'Or, le trophée perpétuel que l'on connaît aujourd'hui, qu'il a lui-même sculpté.

Quelques détails croustillants:

Mario Bérubé, Pierre Blanchette et Luc Houle sont les "bras", l'équipe de levage...

La génétique est sans doute une science encore inconnue car certains participants présentent des hybrides mi-légumes, mi-batraciens...

Un signe que l'organisation grossit: malheureusement la magouille et la corruption tentent de s'introduire dans le mouvement. Ainsi le premier tricheur est démasqué: Daniel Désilets (une accusation dont il ne se relèvera jamais).

Richard "Crésus" Christen s'amène avec une citrouille achetée. Les premiers actes de vandalisme ont aussi eu lieu ce tragique 3 octobre : à peine dévoilée la mascotte officielle la "Girotouille" est affreusement mutilée.

Pour couronner le tout, le président d'élection Renald démolit un à un tous les aspirants au titre et s'auto-proclame lui-même "Président 1993"!

 

2- LA BASE EST SOLIDE, ON PEUT BÂTIR!

1993

Nous voici en 1993. On se rappellera que Renald s'est auto-proclamé président et se retrouve à la tête de 22 participants. En bon despote dictateur, il ne forme pas de comité mais délègue des tâches à ses amis. Il donne entre autres à Dany le mandat de composer une chanson; cela donnera naissance à la joyeuse balade que nous fredonnons encore aujourd'hui. Le Potiron d'Or (sur l'air de la Bonne Femme Gendron).

Les graines sont commandées chez W.H. Perron et, on reconnaît là un certain souci d'amélioration, chez Howard Dill en Nouvelle-Écosse.

Nous voici déjà à la pesée. Par un temps froid et pluvieux, l'événement a lieu dans le garage à Renald qui, pour l'occasion, prête généreusement sa brouette et son frère Rémi pour la manutention des citrouilles. La pesée débute dans la bonne humeur et les railleries mais bientôt la balance suscite la grogne. En effet, plusieurs ont pris la précaution de peser leur bébé à la maison et ils constatent une marge d'erreur importante sur l'instrument officiel. On remplace la balance et Renald essaie tant bien que mal de calibrer l'appareil à l'aide d'un poids étalon, en l'occurrence Marie-Claude "Cheeze" Deshaies...

Enfin tout rentre dans l'ordre et la pesée reprend. Les citrouilles défilent devant Gilbert, le juge de pesée, qui consigne tous les résultats et embellit souvent ses observations d'un commentaire grivois...

Pour donner un ordre de grandeur, disons que le record local était de 120 livres comparé aux 816 de Don Black à Ottawa. Renald l'emporte haut la main avec un fruit de 200 livres. Un peu plus tard, il se fera photographier par Roger Levasseur du Nouvelliste, moyennant quelques bières et du Brandy, et cela malgré les efforts de Théo qui aurait bien voulu faire partie de la photo...

Le souper se déroule dans l'ambiance habituelle, les gagnants gonflent la poitrine et les moins performants subissent de bon gré les moqueries des autres participants.

Pendant ce temps, un drame se joue à l'extérieur: des malapris volent la citrouille championne de Renald et la camouflent dans les rangs de blé d'inde! Heureusement, elle est bientôt retrouvée par un participant à la recherche d'un endroit discret pour uriner (moi-même).

Désilets a eu beau avoir été déclaré "tricheur" en 1992, cela ne l'empêche pas d'être un excellent président d'élection et le scrutin se déroule dans une rigueur très démocratique avec boîte à scrutin, isoloir, etc. Pour la première fois, une femme est élue à la tête du Potirothon: Claudette Neault.

Malgré la pluie qui rend très difficile l'allumage du feu de bois, la fête se continue tard dans la nuit et pendant que certains vomissent tripes et boyaux, d'autres dansent avec tous les instruments aratoires de Renald...

 

1994

Claudette attaque férocement la quatrième année du Potirothon. Pour l'aider, elle s'adjoint deux autres couples qui formeront avec son chum le premier comité de l'histoire du Potirothon. Pierre Blanchette et Claire Laroche ainsi que le président précédent, Renald et sa compagne Chantal Levasseur auront cet honneur. D'ailleurs, le commentaire de Renald sur ses souvenirs de l'année 1994 le prouvent bien: "Chez Claudette et Théo, on était reçu comme des rois pour les réunions".

Cette année-là a été certainement la plus importante pour l'avancement du Potirothon. En effet, par le truchement de Howard Dill, Théo apprend l'existence d'une association d'éleveurs de citrouilles géantes à Ottawa et il entre en contact avec Mike MacDonald en Estrie. C'est ainsi qu'a eu lieu la première représentation du groupe de Gentilly au séminaire d’Ottawa où ils rencontrèrent Don Black, le champion de l'époque à 884 livres (1993). Malheureusement, Pierre Blanchette ne peut assister à ce séminaire, étant retenu à Gentilly par un gros contrat d'affaires avec Sthill (scie à chaîne).

À leur retour, la première soirée de transfert technologique est organisée au Coq d'Or (une tradition qui se répète encore aujourd'hui) et les informations vulgarisées sont stupéfiantes. Comme le disait si bien Théo: "Avant on faisait tout ce qu'il fallait pour tuer nos citrouilles!". Chaque ambassadeur, Théo, Sylvain et Renald y va de sa petite conférence: préparation du terrain, irrigation, pollennisation, etc.

Une autre innovation d'importance, la pesée se transporte au village et devient publique. Le but de cette démarche est d'obtenir une meilleure visibilité et d'en faire une activité familiale. On s'aperçoit vite que le budget est important: système de son, balance industrielle, cadeaux aux participants, des prix aux trois plus performants, le trophée du P'tit Gilbert, remis au propriétaire de la plus belle citrouille. Bien sûr, les cotisations des participants ne suffisent pas et les commerçants locaux sont sollicités, leurs noms bien en évidence sur des panneaux décoratifs.

C'est aussi la première fois qu'un tracteur doit être utilisé pour manipuler les citrouilles. Question de mettre un peu de frustration sur les 30 participants présents, Pierre Blanchette avait proposé que seuls les gens du Comité porteraient leur casquette à la pesée. Les autres l'auront à la soirée...

René "Théo" Héon remporte le Potiron d'Or avec un imposant 512 livres tandis que Pierre Blanchette concède seulement trois livres à 509 pour se mériter la deuxième place. Ce jour-là, les villageois ont assisté à la première et la dernière parade des Potironniers: l'expérience n'a jamais été répétée...

La présidente reçoit les participants chez elle pour les festivités et les prix sont remis par les deux animateurs maison, les "Rallman". La firme Potirodope inc. procède aux expertises d'usage et tous les Provencher sans exception sont déclarés tricheurs. Dur coup pour la famille! Les deux hôtesses, Chantal et Claire, désopilantes dans leur imitation de vache, ont de la misère à garder leur tête.

C'est aussi la première et la dernière de "la vache qui chie", une loterie où le hasard, la vache, n'est pas très coopérative. Et la soirée se continue tard dans la nuit sous des enchaînements musicaux parfois surprenants (responsable Pierre Couture).

Tout le monde pense déjà à la prochaine saison. Au fait, le prochain président est déterminé par la numérologie: en effet le chiffre "7" qui désigne le 7ième gagnant proclame Dany Hould le prochain président du Potirothon. Il relève solidement le défi en buvant de la bière dans la chaussure de Claudette...

 

3- LE VENT DANS LES VOILES

1995

Dany Hould assume la présidence du Potirothon Édition 95 et son comité se compose de Jacques Pépin et Esther et de Alain "Ness" Mercier et de Colette, le comité Gaïa! Avec un maigre budget, héritage de l'administration précédente, de 63,00 $ et trois casquettes, il commande des graines de citrouilles géantes chez Howard Dill en Nouvelle-Écosse: 25 paquets de 500 livres et plus et 5 paquets de 800 livres et plus qui seront distribuées aux 36 participants à l'occasion de la soirée "Remise des graines du Coq d'Or".

Auparavant, un comité Gaïa réduit s'est rendu à Kemptville pour le séminaire de la Ottawa St-Lawrence Growers Association, en compagnie d'un observateur, Théo. Colette ramena des photos de son beau Barry (Dejong, 945 livres en 1994) et en échange laissa une magnifique pizza sur le pas de la porte du Coachhouse Hotel. C'est sur le chemin du retour que Théo commença à imaginer la plus terrible arnaque de l'histoire du Potirothon. Il inventa une technique selon laquelle il était possible par la position des cotylédons de prévoir dans quelle direction le plan se développerait. Technique qu'il remit à Pierre Blanchette... Ce fut une conférence extraordinaire, Pierre était tellement convainquant que même Barto n'avait pas de niaiseries à dire. Quelle déception quand il fut démenti officiellement! Il en garda le surnom de "Coty".

Une innovation: la première tournée du comité eut lieu le dimanche 20 août. Selon une évaluation très stricte, la palme du tétage alla à Renald et Chantal pour leur amabilité exagérée (pop-sicle pour les enfants, bière pour le Comité, offre de garder le p'tit dernier du Président). Quant à Daniel Désilets, Colette le baptisa tout de suite "Le Colon" pour sa réception merdique... Un peu plus et elle lui laissait une pizza dans son char!

L'été fut magnifique et la pesée le 30 septembre eut lieu sous un soleil radieux. Cette année-là, on pesa plus de 10 000 livres de citrouilles (Barto = 0) dont cinq au-delà de 500 et 609 pour le vainqueur Pierre Blanchette.

En comité innovateur, plusieurs points d'intérêts avaient été mis en place: tirage moitié-moitié où il fallait deviner le poids de la citrouille du Président, kiosque de dégustation de soupe et confiture de citrouille (meilleur avant ?), sculpteur, décorations, etc. Les participants reçurent chacun un beau T-Shirt avec un tout nouveau logo et Crésus entonna la chanson qu'il avait composé: "Cucurbita Pépo" qui ne connut jamais le succès.

Le pesée se termine dans l'euphorie mais aussi dans la débandade car le curé Rémi est en crisse et nous dit au revoir en ces termes: "Le tasse-tu ton crisse de truck!"

Comme quoi le Comité Gaïa est vraiment un comité nature, il pousse la témérité jusqu'à organiser le party dehors, sous une tente militaire. Encore une innovation: un buffet froid est servi aux participants et leur famille, ce qui fut hautement apprécié par Ness qui commenta: "C'est la première fois qu'on a mangé!".

Après le repas, les tricheurs sont démasqués et devront par la suite porter le joug pour expier leurs péchés. Jean-Marc Pépin et son complice, l'infâme Pierre Couture sont chahutés par la foule.

Comme l'année précédente, c'est encore la numérologie qui détermine le prochain président. Pendant que Théo se trémousse de plaisir en entendant le président parler du chiffre 7 (il est 7ième), Pierre Coty Blanchette a la surprise de sa vie en s'apercevant que c'est plutôt vers le chiffre 1 que le président veut en venir...

La soirée se déroule sous un magnifique clair de lune, certains dansent sous les lueurs du feu tandis que les autres gesticulent sous les stroboscopes. Un seul mécontent, Sylvain Grenon qui trouve qu'y a pas assez de son du côté du feu...

 

1996

Ne reculant aucunement devant les responsabilités qui lui incombent, le couple présidentiel s’adjoint la dévotion de Ness et Colette et l’ingéniosité de Sylvain et Sandra.

Dévot et ingénieux, on l’est sur ce comité. À pousser la chose jusqu’à poursuivre avec Gaïa. Mais qui est-elle? Une recherche rapide nous apprend que cette divinité a d’abord engendré sans l’intervention d’élément mâle. Par la suite, avec la semence de ses propres fils, elle engendre géants, cyclopes, nymphes et serpents. Ta...! C’est du cheveu de blé d’inde qu’il faut fumer pour avoir des idées comme ça!

Tout cet esprit mythique s’immisce dans les réunions. La soirée de passation des pouvoirs fait une première victime: Esther chancelle entre Plume (saoul comme une botte) et Diane Dufresne (donnez-moi de l’oxygène). La première rencontre du comité, courte mais intense, reste sans suite puisque personne n’a pensé prendre de notes. À la seconde réunion, Voyer est nommé secrétaire mais il laisse sa place à Colette, trop pressé qu’il est de tester dare-dare son engrais spécial (il l’ignorait encore à l’époque) dès son retour à la maison.

Au séminaire de Kemptville, Coty, en compagnie de Ness, a d’abord droit au pélerinage de la "patch à Colette". Suivent une course folle en taxi et une soirée mouvementée dans un p’tit bar genre "Marie-Victorin". C’était sûrement la partie la plus exitante de cette fin de semaine puisqu’il semblerait que les champions potironniers de la St-Lawrence sont passablement avares de renseignements sur les raisons de leurs succès.

La soirée "Pourquoi ma graine?" au Coq d’Or est le théâtre de bien des événements. La génétique locale y est moussée par la confrontation des producteurs locaux: Claudette fait vibrer ses fortes cordes vocales; Renald utilise les charmes de sa Chantale; Claire Demers démolit ses adversaires; Pierre Coty ne tarit pas d’éloges sur la qualité de "sa" graine; Ness appuie ses dires par la présentation de jeunes plants.

Pour obtenir leurs graines, les participants (43) doivent répondre aux renversantes énigmes du père Fourrat P’tit Radis. Pôvre Monique! Mais on s’étendra pas sur le sujet. On a également droit à une symphonie pour gorilles et "chain saw", au grand désespoir de Grondin. Le tout se termine dans les vapeurs de blues.

Le cheveu de blé d’inde poursuivant son effet, le comité a l’idée de publiciser l’événement en invitant "Simplement la vie" à participer à la tournée officielle des écornifleux. Semblerait pourtant que Ricardo ait davantage été impressionné par Tâââti que par les planchettes de Voyer! L’itinéraire est impressionnant: Voyer, Coty, Gilbert, Ti-Pois, Casseau, Popo, Bing Bang, les tantes Bartha, Julie, Renald, Ginette, Loulou, Marc-André, Théo, Danielle, vol d’essence chez Mario Mailhot, les Époux, Line Leclerc, le doc Pépin, les 4'Trouilles, Laurent "Servi" Pelletier pour les breuvages et enfin chez l’ex-président Dany qui, malgré la pluie et les maringouins, n’a jamais permis au comité de franchir son seuil. On s’en souviendra!!!

Puis, par un beau samedi d’automne précédant l’ouverture de la chasse, naturellement, c’est enfin la pesée. Les participants se présentent au terrain de l’église gonflés d’espoir et d’engrais pour certains ou désabusés par la pourriture pour d’autres. On nous remet un tablier (cadeau du participant) qui trouve bien vite son utilité grâce à ses nombreuses pochettes.

Les maîtres de cérénomie, le doc Pépin et Coty, joliment coiffés, donnent le ton à la fête par leurs commentaires très personnalisés sur chacun des concurrents. Le sourire des membres de l’équipe de levage est également encourageant pour les principaux aspirants puisque directement proportionnel au poids de la citrouille. Ils ont quand même souri pour plus de 10,000 livres!

Les jeux sont faits. C’est Sylvain "le King" Voyer qui remporte la palme avec un record de 677 livres, suivi dans l’ordre par Pierre Blanchette (537 livres) et les 4'Trouilles (439 livres). Et Gilbert remporte "le P’tit Gilbert". Bizarre... Ness sombre dans la dèche avec un maigre 138 livres, la honte du comité!

Autre innovation. On se transporte à la cabane chez Ben pour la soirée, avec buffet complet et orchestre SVP. On procède au tirage de beaux gilets et d’un voyage à Ottawa pour la pesée de la St-Lawrence, lequel est gagné par Sylvain Carrier qui, on le sait maintenant, l’a revendu au plus offrant.

L’orchestre "les Garsd’ville" fait son entrée sous le feu nourri de l’escouade aéroportée Doris & Josée (alimentée par la Pratt, Mailhot & Whitney) et accompagnée des ronflements de Renald qui a tout manqué de la soirée finalement. Les avions de papier, Claire a pas aimé ça et les conspiratrices l’ont su!

Dany et Dan Laroche ont pu profiter des facilités de l’orchestre pour nous interpréter une couple de tounes, préambules au Blues du Président ayant pour but de dévoiler l’identité du nouveau président et de rendre un hommage particulier à Théo et Grondin.

C’est à la surprise du principal intéressé et de sa douce que Ness est désigné président, lui qui avait pourtant voté pour tous les canditats présentés lors des réunions. Mais comme Coty le disait: "On avait pas vraiment le choix, d’la citrouille y’en mange!" Alain nous a donc joué une toune, tellement ému qu’il avait revêtu ses doigts de fer. Et un toast de sambuka!!!

Après le plaisir, faudrait bien dormir. Pas Claire. Ness et Colette non plus, trop occupés qu’ils sont à planifier déjà les activités pour la prochaine année. Quelques rescapés dorment sur place, mais des "téteux de sandwich", pas forts sur le ménage, mauvaise haleine, cire dans les oreilles, crotte au cul!!!

Pour clore l’année 1996, une dernière rencontre générale a lieu au Coq d’Or pour la diffusion du reportage de "Simplement la vie" effectué lors de la tournée et de la pesée. On a py y déguster de succulents hot dog faits "à vapeur" plutôt que la pizza initialement prévue. Mais Grondin avait oublié... Maudite boisson!

À sa dernière réunion, le comité a décrété que, tels les stars sur le trottoir d’Hollywood Boulevard, les lauréats immortaliseraient leur autographe sur la tarpoline. Reste à savoir si c’est une idée de Coty ou du King...

 

4- ATTENTION, ON S’INSTALLE

1997

À leur 3ième année au sein du comité et enfin à sa tête, Ness et Colette ont des visées bien particulières sur l’avenir du Potirothon, notamment développer une génétique locale adaptée au climat de la région. Mais comment faire si le lauréat de l’année précédente se fait voler sa citrouille à Québec? Une enquête de la SQ serait actuellement en cours et on pourrait être surpris de la valeur de telles graines sur le marché noir! Ce qui nous vaudra un nouvel article à la charte, mais on y reviendra.

Alain Ness se veut un président démocratique puisqu’il dit se retirer des délibérations lorsqu’il y a mésentente entre les membres. Colette dira qu’il est plutôt dictatorial puisque si Alain ne vote pas, les membres ne votent pas non plus! Eh oui, il semblerait bien que les opinions divergentes persistent entre le président et sa tendre épouse...

Mais qui sont-ils ces membres? Sylvain et Sandra ne l’apprendront qu’à la soirée de passation des pouvoirs. Sylvain Bing Bang et Monique, Pierre Popo et Nausée font enfin leur entrée. Lors de cette soirée, tout se passe selon l’ordre établi: Josée et Monique s’endorment. Sûrement une des raisons pour lesquelles les réunions auront désormais lieu en matinée le dimanche. De toutes façons, Ness aime mieux dormir dans son lit que sur le plancher! Et le calvados se déguste tout aussi bien en journée...

Alain et Sylvain iront à Kemptville pour le séminaire annuel. Le samedi donne lieu aux activités sociales telles "pétage de broue" avec les producteurs d’Ohio, ballade en taxi dans les rues de la ville pour trouver un bar jouant de la musique autre que country, tentative de karaoké, etc. Le dimanche, jour de diffusion d’informations, est quant à lui très productif pour la récolte de graines (près de 500). Plus de 300 personnes participent au séminaire et plusieurs s’entendent pour dire que le record de 1,006 livres établi par Bill Greer (1996) serait accidentel. Faut croire qu’il garde bien ses secrets lui aussi...

Pour la soirée de remise des graines au Coq d’Or, les Râllllllliens arboraient fièrement le orange "mur à mur", tout comme la musique d’ambiance (une toune platte de Carmen Campagne enregistrée sur les 2 côtés d’une cassette de 90 minutes sur un "tape" qui change de bord automatiquement, Stie!!!). Après les nouveautés technologiques, on récite le serment du potironnier, on rappelle les articles de la charte et on dévoile le nouvel article, soit que les récipiendaires des 3 premières positions devront remettre la moitié de leurs graines (de citrouille) au comité. L’hymne au Potiron d’Or est entonné, ponctué par les éclats de voix des participants. Toute cette ambiance a un effet magique sur le président qui voit déjà franchi le cap des 700 livres. Et Colette rêve que l’exploit sera accompli par une femme.

La tournée 1997 sera de type Ohio, ainsi Ness en a-t-il décidé! Nouvelle formule pour le Potirothon où quelques sites sont visités et tous les concurrents sont invités à suivre. On débute chez Jean-Paul Pépin qui met à l’épreuve des engrais à base de papier. De là on se rend chez Serge Fortier. Par la suite, on pourra admirer l’ingéniosité des Dubuc avec un système de fertilisation directe. L’étape suivante aura lieu chez les 4'Trouilles où le système d’arrosage impressionne. Le groupe d’écornifleux grossit. On se retrouve chez le King Voyer avec plate-forme d’observation et plan d’implantation. Une brève halte chez Danielle et Ness et par la suite chez Coty pour une épluchette de blé d’inde et lunch. Tard dans la soirée, une fois de plus, les pentures de Papou lui font défaut et notre nouveau Luc DesMarais se retrouve dans le fossé (la première fois, ça se serait produit dans la mare à gueurnouilles à Ness).

C’est sous un ciel maussade et un vilain vent que se déroulera la pesée officielle. Tous les médias étaient présents, sauf le Soleil bien sûr. Malgré tout, le comité est à son poste et remet à chaque participant un magnifique béret et une paire d’épinglettes à l’effigie du Potirothon. La pesée se déroule rondement malgré tout et les 4’Trouilles sont couronnés champions avec 654 livres. Jacques "Casseau" Pépin pleure quant à lui toutes les larmes de son corps en raison de la porosité de son fruit. Il devra se contenter de le présenter en exhibition. Ness rachète son honneur en montant sur le podium, suivi de Renald. Pis vite, on décrisse. Y pleut pis y fat frette!!!

On se rend à la Cabane à Ben pour le souper et la soirée. Une surprise de taille nous y attend. Ness et Dany ont monté leur propre groupe musical, les "Garsd’rang", féroce compétition pour les Garsd’ville. Quel plaisir de voir ces talents locaux, soit Ness, Dany, Coty, Papou, Dan, et Gaston au saxophone, mettant également en vedette Colette et son poteau! Crésus faisant les frais de première partie.

Et soudainement, tel l’envolée d’un voilier d’oies blanches, les soutiens-gorge tournoient, virevoltent, se déposent sur les micros ou sur la tête des musiciens. Et les genoux de Papou DesMarais tiennent le coup! On ne sait jamais à quoi s’attendre lors d’une gageure avec Hélène Dubuc!

Et vient le temps d’annoncer l’identité du nouveau président, élu démocratiquement faut-il l’ajouter... Le Blues laissera donc sa place au "Reel à Renald" précédé par la très attendue prestation de Lucienne et sa chanson fétiche!

La fête se poursuit pendant que Céline tente de raisonner son Chef Michel qui "caresse" maladroitement le Potiron d’Or. Le calvados est servi et, pour plusieurs, dont l’auteur, la brume s’installe...